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La petite fille rêveuse

Je vous vois déjà vous demander ce qu’une histoire de petite fille rêveuse peut bien faire dans un blog sur le changement professionnel. Je vous laisse lire la suite.

Image de lisa runnels chez Pixabay

Il était une fois une petite fille rêveuse, elle avait une famille aimante et adorait entendre ses parents lui raconter des contes de fées pleins d’héroïnes plus incroyables les unes que les autres.

Elle se voyait déjà chasseuse de dragons, chercheuse de trésors, piratesse ou encore princesse charmante allant secourir un bellâtre endormi.

C’était une petite fille qui se passionnait pour tout et ne pouvait s’attarder trop longtemps sur ses nouvelles découvertes car elle avait déjà trouvé la prochaine et voulais s’y plonger rapidement.

Ce tempérament que tout le monde trouvait mignon au début devint rapidement une corvée pour son entourage. Il fallait assister à ses pièces de théâtre, à ses spectacles de magie, à ses conférences sur la situation géopolitique préoccupante au pays des ours en peluche ou à ses avant-première avec commentaires de la productrice-réalisatrice-scénariste-actrice du film en fin de séance.

Rapidement, dès qu’elle évoquait un nouveau projet, son entourage levait les yeux au ciel en se demandant ce qu’elle allait encore inventer et ce qu’ils allaient devoir endurer.

Puis elle grandit

À l’école, on lui demandait régulièrement ce qu’elle voulait faire comme métier, mais elle restait muette à ce sujet. Ses professeurs conclurent (un peu rapidement) que c’était une petite fille sans avenir.

Ses parents étaient un peu perdus, leur petite fille pleine de projets et de rêves semblait ne plus en avoir aucun.

La vérité c’est qu’elle voulait faire trop de choses et ne savait quoi choisir. Mais elle avait tellement l’habitude de voir les gens lever les yeux au ciel quand elle parlait d’un nouveau projet qu’elle avait fini par ne plus en parler du tout.

Perdue dans ce monde à choix unique, elle se laissa aller sans résistance, enchainant les années d’école sans trop savoir où tout ça la menait.

Puis elle grandit

Il arriva un moment où il ne fût plus question de se projeter dans l’avenir, elle devait faire un choix, immédiatement. Elle devait choisir un métier.
Elle n’était plus totalement muette sur le sujet, mais elle n’arrivait toujours pas à se décider. Chaque choix semblait trop contraignant, trop étouffant. Pour l’aider, on l’envoya voir un professionnel de l’orientation.

Il lui posa des questions sur elle-même, mais toujours gênée par l’étroitesse des questions, elle répondit un peu au hasard en voyant qu’elle irait de toute façon dans l’entonnoir au milieu duquel on voulait la faire passer.

Une fois le rendez-vous terminé, on lui avait trouvé un métier idéal. Ses parents furent rassurés, ses professeurs aussi. Elle avait quelques doutes mais se disait que ce conseiller semblait compétent et qu’il avait peut-être raison. Ce métier qu’on lui avait trouvé était une bonne option. Encore un peu étriquée à son goût, mais une bonne option quand même.

Puis elle grandit

Ayant réussi ses études avec brio, elle se lança dans une carrière prometteuse. Elle avait une vie sociale exaltante, des amis, des amoureux transis et puis… Ce garçon.

Son envie de faire plein de choses étant toujours bien présente, elle multiplia les activités : pâtisserie, spéléologie, golf et bien d’autres, les unes après les autres.

Chaque fois qu’elle revenait à la maison en parlant de cette nouvelle activité qui lui faisait tellement envie, ce garçon levait les yeux au ciel en se demandant ce qu’elle allait encore lui raconter. Quand elle voyait ses amis et leur parlait de sa nouvelle passion, ils la regardaient avec un air à la fois attendri et épuisé, se demandant si, un jour, elle allait finir par arrêter avec ces changements perpétuels.

Ses parents racontaient avec amusement à quel point elle avait toujours été comme ça, à part pendant une petite période, quand elle était encore à l’école.

Puis elle grandit

Ce garçon n’avait pas supporté bien longtemps d’être avec une femme incapable de s’arrêter de faire mille choses.

Elle avait rencontré cet autre garçon qui la prenait comme elle était, mais bizarrement, elle ne se sentait pas bien. Pas seulement avec lui, elle ne se sentait jamais vraiment bien.

Elle était considérée comme l’une des meilleures employées de son service et elle avait toujours un excellent entourage social et familial.

Mais elle n’allait pas bien.

Un jour, elle découvrit une nouvelle activité.
Rapidement, elle eu l’impression merveilleuse que ce vide en elle se remplissait doucement. Elle n’avait plus besoin de se forcer à sourire quand elle n’allait pas bien. Parce qu’elle allait bien !

Puis elle grandit

Cette activité la rendait tellement heureuse à chaque fois qu’elle pouvait s’y plonger !
Mais quand elle devait aller au travail, elle sentait son coeur se serrer. Elle avait envie de retourner faire cette activité et ne se sentait plus du tout en harmonie avec son métier.

Les choses ne s’améliorèrent pas, plus le temps passait, plus son métier devenait un frein qui l’empêchait de faire ce qu’elle avait réellement envie de faire.

Un jour, elle craqua.
Elle n’y arrivait plus et fondit en larme dans les bras de cet autre garçon, lui expliquant qu’elle ne voulait plus faire son métier, qu’elle voulait faire de cette activité son nouveau métier et qu’elle voulait commencer à préparer son projet d’évasion le plus rapidement possible.

Elle vit dans ses yeux qu’il était inquiet, mais il lui apporta son soutien. Quand elle finit par en parler à son entourage familial et amical, les réactions furent diverses. Certains lui dirent qu’elle était folle de quitter un emploi aussi stable pour se lancer dans un projet aussi hasardeux. D’autres y virent un retour en force de ses lubies. D’autres encore lui avouèrent qu’eux aussi avaient envie de changer de vie professionnelle mais qu’ils n’osaient pas franchir le cap et lui apportèrent leur soutien.

Elle se mit à travailler comme si sa vie en dépendait en dehors de ses horaires de travail et des moments qu’elle passait avec son entourage. Elle travailla extrêmement dur et finit par enfin définir son projet et son plan d’action pour y arriver.

Puis elle se lança

Les premiers au courant furent évidemment les gens de son entourage. C’est non sans fierté qu’elle leur exposa son projet, ce qu’elle allait faire et ce qu’elle avait déjà fait. Elle s’était empêchée de trop en parler, se disant que la surprise en serait meilleure.

Elle se retrouva face à un quasi désert d’enthousiasme. À part les enthousiastes de la première heure et quelques nouveaux convertis, peu donnèrent l’impression d’être heureux pour elle. Elle s’attendait à des félicitations pleines de joie, elle reçu de vagues tapes sur l’épaule.

Elle attendait des yeux pleins de fierté de son entourage, elle eu des yeux levés au ciel, pas ceux de son enfance, ces yeux qui veulent éviter le regard.

Elle en eu le souffle coupé. Ils ne croyaient pas en elle. Sa déception lui donna l’impression de tomber dans un trou sans fond. Elle eu envie de pleurer et d’abandonner. Mais sa fierté l’en empêcha.

Elle serra les poings et décida d’avancer sans le soutien de ceux qu’elle aimait, soutien qu’elle aurait juré être indéfectible.

Et elle réussit

Après des mois de travail, de doutes, de remises en question, de bonnes et mauvaises expériences, de moments d’euphorie, elle réussit. Elle faisait ce qu’elle aimait, et elle en vivait.

Les réactions de son entourage furent encore une fois diverses. Certains furent sincèrement rassurés et heureux pour elle. Certains semblèrent ne pas trop savoir quoi en penser. Et elle décela de la jalousie dans les yeux de certains autres.

Mais sa réussite lui avait fait découvrir de nouvelles personnes et le regard de ces nouvelles personnes était totalement inédit. Les yeux en l’air et l’agacement avaient laissé place à un heureux engouement, elle se sentait considérée et aimée pour ce qu’elle était et pensait même voir une pointe de fascination dans ces nouveaux yeux qui la regardaient.

Elle n’était plus une petite fille rêveuse, elle était une femme rêveuse, merveilleuse, et heureuse.

La morale

Quand vous lancerez vos projets, vous avez de fortes chances de découvrir que les gens de votre entourage (proche ou étendu) ne seront pas vos principaux soutiens.

Il peut y avoir plusieurs raisons à ça, plus ou moins bienveillantes.
Ça peut être du désintérêt pour votre projet, il y en aura forcément et il est plus difficile pour un proche de vous l’avouer, donc certains peuvent se réfugier dans le mutisme ou l’encouragement de circonstance, sans réellement y mettre du coeur.
Il peut s’agir d’inquiétude qu’ils n’arrivent pas à canaliser. L’inquiétude de vous voir échouer et que vous soyez encore plus perdu(e) qu’avant.
Parfois c’est une forme de pudeur, un moyen d’éviter d’avoir à vous dire qu’ils n’aiment pas ce que vous faites si c’était le cas.

Les raisons ne manquent pas, mais peu importe, tant que ce n’est pas malveillant, essayez de ne pas leur en vouloir. Il est parfois difficile de voir quelqu’un de son entourage autrement que comme une petite fille éternellement rêveuse, un membre de la famille, un(e) ami(e), un(e) pote ou une connaissance.

Peu importe que vous soyez exceptionnel dans ce que vous faites, pour une partie de votre entourage, vous n’aurez jamais l’aura de quelqu’un qu’ils ne connaissent pas personnellement… Vous serez toujours trop… Normal(e).

Vous serez un peu déçu(e) de voir tout ce qu’ils seraient capables de faire pour une célébrité qu’ils n’ont jamais vu de près plutôt que pour vous, mais ce n’est pas de la méchanceté, c’est une façon étrange qu’a notre cerveau de fonctionner, parfois.

Vous vous sentirez peut-être seul(e) et cette solitude vous donnera envie d’abandonner. Ne la laissez pas prendre le dessus.
Utilisez-la pour vous battre. Votre objectif sera de réussir, pour vous, pour être heureux ou heureuse, pour rassurer ceux qui s’inquiètent pour vous et pour faire mentir ceux qui ne vous en croient pas capable.

La reconnaissance, que vous espérez tant, viendra dans sa plus grande majorité de gens que vous ne connaissiez pas avant. Pour eux, vous serez la personne qui a lancé ce projet génial, pas la petite fille rêveuse qu’ils connaissent.

Le phénomène n’est pas nouveau :
Vous vous souvenez de « Nul n’est prophète en son pays » ?
Oui, même Jésus a galéré pour lancer son projet et ça a eu une conclusion que je ne vous souhaite pas !

Et posez-vous la question : avez-vous toujours été un bon soutien pour les petites filles rêveuses de votre entourage ? Je suis sûr que non.
En tout cas, moi je sais que je ne l’ai pas toujours été.

Le jour où vous réussirez, débarrassez-vous de ceux qui auraient préféré que vous restiez à votre place, de ceux qui vous jalousent parce que vous faites quelque chose dont ils sont incapables ou de ceux qui ne veulent pas votre bien.
Méfiez-vous de ceux qui font comme s’ils vous avaient toujours soutenu alors que cela n’a pas été le cas.
Et surtout, remerciez ceux qui sont fiers et heureux pour vous.

Et pensez à noter le nom de ceux qui vous ont toujours soutenus (ça sera plus rapide que de noter ceux qui ne l’ont pas fait), s’il y a des cadeaux à faire, ce sera pour eux en priorité !

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